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Grelots d'Outre-Temps

(2° époque)

Janvier 2012

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Le bonheur attentif au soleil allait paître

L’absence de nuage aux tuiles de mon toit,

Son bleu profondément regardant ma fenêtre,

Le ciel dormait penché au-dessus de chez moi…

 

Le ventre de l’enfant tintait pour la tété,

Ses mains cherchaient un doigt, ses deux lèvres le sein,

Sa bouche pleurnichant quelques lampées de lait,

Sa mère alla verser le baiser et le pain…

 

Mars osant déposer quelque espoir dans leurs branches,

D’autres bruits bondissaient au silence des arbres,

Le printemps bourgeonnant quelques joies rose franche,

Les lilas fleurissaient en leurs beautés de marbre…

 

Vers quelle même faim volait cette saison,

Et pourquoi s’allumait ce qui devrait s’éteindre,

Je n’étais plus le seul à venir sans raison,

Mais saurais-je renaître à m’empêcher de geindre ?…

 

Dans la sève des bois, comme en mes veines d’homme,

La vie soudain mettait un grand feu sous l’écorce ;

Au sol imperturbable et rassasié de somme,

Les racines puisaient du repos et des forces…

 

Feuille à feuille un frisson descendit crânement

Sur mon âme animale et les pruniers sauvages,

Le vent dessus les troncs, mon doute dans son sang,

L’émotion retenue tremblait dans les feuillages…

 

L’avenir revenant, le passé remontait,

Et leur semence en moi resurgissant de terre,

Je m’en allais encor, rassuré, ressembler

Aux souvenirs d’enfant que j’avais de mon père !

 

Le bonheur attentif au soleil allait paître

L’absence de nuage aux tuiles de mon toit,

Son bleu profondément regardant ma fenêtre,

Le ciel, penché toujours au-dessus de chez moi…





Sébastien Broucke
Grelots d'outre-temps
Publié dans : L'Apoézie
Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 07:45

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Jardin secret

 

Un nuage alourdi

Des fontes de l'hiver

Crachine quelques gouttes tièdes

Au milieu des rayons lunaires.

 

Sur le pont, les cirés

Des hommes à se taire,

Les vagues durent, se morcellent,

Les pensées voguant vers la terre.

 

Des artistes s'activent,

Leurs muses sous l'étoile,

Et ces hommes buvant les pluies,

Leurs pinceaux abreuvent leurs toiles.

 

Chaque peintre a sa plume,

Chaque écrivain sa gouache,

Ils ne suivent pas leur destin,

Les bateaux devancent les houaches.

 

Il existe quelqu'un

Qui désire leurs mers,

Connaît nos tableaux, nos églogues,

Aime leurs écumes amères.

 

C'est lui qui nous conduit

Sur notre propre trace,

Et déposant les mots, l'hélice,

Les couleurs, son âme se trace...

 

Sur le pont, les cirés

Des hommes à se taire,

Les vagues durent, se morcellent,

Les pensées voguant vers la terre.

 

Un nuage alourdi

Des fontes de l'hiver

Crachine quelques gouttes tièdes

Au milieu des rayons lunaires.





Sébastien Broucke
Grelots d'outre-temps
Publié dans : L'Apoézie
Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 07:15

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Non ! Non ! Je ne veux pas de votre vérité !

Non ! Pas encor, je ne veux pas la regarder,

Je ne veux pas l'avoir ni sentir dans mon dos

L'âme acérée, il est trop tôt, de son couteau !

 

Non ! Non ! Je ne veux pas son soleil qui m'obombre,

Sur mes chemins obscurs son éclairage sombre,

Je ne veux jamais plus de cette aide qui luit,

Aux travers de ma vie cette lampe m'ennuie.

 

Dans ce monde bancal, intransigeant item,

Venin de certitude, évident théorème,

Dieu vient semer le bien, Hommes, cueillez la peine !

 

" Impures vos pensées " se traduit " Je vous aime "

Et " mes enfants " résonne " étrangers, anathèmes ! "

Quand l'homme est ébloui, la lumière le gêne !





Sébastien Broucke
Grelots d'outre-temps
Publié dans : L'Apoézie - Communauté : L'Alexandrin
Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 05:40

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La mer

 

 

Si mes jours ont été bateaux,

Des bouts de moi sur beaucoup d’eau,

Malgré mille vents, mille orages,

Les gifles vaguant mon visage,

J’en ai vu tant et tant, tant gais,

Sur l’amer qui les promenait,

Que resongeant à leurs sillages,

Aux doutes tus, aux faux naufrages,

Il me berce ce soir en flots,

Le souvenir de leurs drapeaux !…

 

D’un baiser tombant sur mes mots

La douceur tiède des ruisseaux,

Au regard hantant chaque page

De mes grands cahiers de voyage,

Le roulis n’envolait jamais

L’espoir qui seul m’avait trouvé ;

Fantômes dedans les nuages,

Mes vaisseaux cherchaient cette plage,

Où les soutes de mes cargos

Valaient enfin de sable un seau !…

 

Pour quelques pas tous près de l’eau,

Quatre empreintes sur ces grains chauds,

J’aurais su prendre à l’abordage,

La lune où j’avais mon village ;

Du passé qui me les gerçait,

Mes lèvres sont restées salées,

Et si les ports m’étaient des cages,

Ma route ne fut qu’un rivage,

Car aucun pays fut plus beau

Que le sol rêvé de ta peau !…

 

 

 

Sébastien Broucke

Grelots d'outre-temps

Publié dans : L'Apoézie
Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 23:00

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Connais-tu ce berceau, cet endroit, cette tombe,

Où les vautours sont moins méchants que les colombes ?

As-tu croisé cet arbre, auquel poussent, d’où tombent,

Amphigouriques, clairs, colorément abscons,

Cime loin de la terre, racines tout au fond,

Feuilles, fleurs, lents bourgeons quelque soit la saison ?

 

Au milieu des oiseaux, diurnes, nyctalopes,

Mûrissant les couleurs dont les jours s’enveloppent,

Que ton ciel se suspende ou que tes vents galopent,

Dans des parfums sucrés, dedans des chairs amères,

Des fruits, bons pour certains, pour d’autres délétères,

Crachent en s’écrasant du sang d’homme à ta terre.

 

As-tu un plan à suivre, est-ce la ta faiblesse ?

Que viens-tu contempler dans toutes nos détresses,

Ton amour démoli, comme nos forteresses ?

As-tu mis ta beauté dans la futilité,

Tissé notre néant de ta fragilité,

Compris qu’au dérisoire est la sécurité ?

 

Vivrais-tu comme nous d’absurde et de frayeurs,

L’amphisbène caché te fait-il même peur

Que l’orage à l’enfant, la ruse à la candeur ?

Puisque le moineau fait la majesté de l’aigle,

Que les petits toujours sur de plus grands se règlent,

Nous nous ferons moineau si tu te montres l’aigle !

 

M’emportant loin de moi jusqu’à ton firmament,

Je t’écris de mon âme où taire assez j’attends,

Mes mots idiots et lourds t’offensent sûrement ;

M’emportant loin de nous jusqu’à ton ciel de verre,

Je t’écris de notre âme où reposer j’espère,

Ces grelots d’outre-temps tintent notre poussière…


Sébastien Broucke
Grelots d'outre-temps
Publié dans : L'Apoézie
Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 21:30

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La-poupee-Vroubel-copie-1.jpg

Craignant de voir planer son ombre sur la terre,

Eloignée du ciel pur comme du bleu de l’air,

Ma vie ressemble fort à celle d’un oiseau

Qui resterait en bas bien plus souvent qu’en haut !

 

Si sa voix m’est de l’encre aux doigts de ce poignet,

Je la contemple triste autant que résignée ;

Programmée pour servir, à l’absurde soumise,

Créature sans plus, s’enfuir est sa hantise…

 

Stupide, animal, beau, servile j’obéis !

Au frais de mon cachot j’invente des pays :

Montagnes sans sommets, frontières sans soldats,

Tout ce que je voudrais, tout ce que je n’ai pas…

 

Chanterelle enfermée qui se tient à oui clos,

Ma plainte seulement traverse mes barreaux ;

Bête sans nom, hors moi j’enferme ma folie,

Mon corps m’est cette cage où désœuvré j’écris…

 

Cisailler l’air ? Voler sans but ? Piailler sans cause…?

Faut-il une réponse à tout ce que l’on n’ose ?

Malhonnêtes motifs à ce qu’on se refuse,

Je n’ai pas deux raisons, que de fausses excuses !

 

Mais dans mon sang, parfois, la vérité rompt tout ;

Elle s’avance fière et siffle au temps, au tout :

« Liberté ! mon amour, Liberté ! mon poème,

Si tu ne me manquais, saurais-je que je t’aime ?!… »





Sébastien Broucke
Grelots d'outre-temps
Publié dans : L'Apoézie - Communauté : L'Alexandrin
Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 21:15

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De la vie, des objets, des arbres et des gens,

Les détails s’oubliaient en formes imprécises,

Les lignes restant floues, les courbes indécises,

Aux façades sourdait l’écho des mouvements.

 

Comme au guerrier jaillit l’ivresse au sang qu’il verse,

La souplesse allait noire et sur le blanc du dur ;

Radieux crucifiant mille ombres sur les murs,

Le soleil frappait tout de ses milliers de herses !

 

Obscurité, clarté, l’une à l’autre soumises,

Il faisait chaud, peut-être, aux soldats trépassants,

Car semelles collées, le bruit des survivants

Allait le même pas qu’un silence d’églises.

 

Pourtant, l’hiver était cette année bien sévère,

Et s’il avait donné plus qu’il n’en faut de neige,

Le carmin de leurs vies coulant aux fumées beiges,

Les humains aveuglés le payaient vite et chair !

 

La jeunesse perlait aux profondes blessures,

Et brûlant des flocons tombés gratuitement,

Cette cire rougeâtre aux enfants titubants,

Laissait chaque âme au ciel remontait sombre et pure…

 

Car un cierge s’éteint dans une odeur d’encens,

Les secondes de vie comme une armée qui rampe,

Dans la tête ouragan, tempête dans les tempes,

Ruisselaient des parfums de regrets aux mourants ;

 

A l’angoissant espoir d’aller rencontrer Dieu,

Le jour seul, clair encore et consumé de bleu,

Au milieu du béton, du fer, des coups de feu,

Rentrait dedans leurs plaies comme dedans leurs yeux !

 

Ils gémissaient « Maman… », ils murmuraient « de l’eau… »

Et répandant leur sang rendaient leur dernier souffle,

Le corps percé de coups, de froid, les doigts sans moufle,

Dans des cris de douleur et quelque chant d’oiseaux.

 

Revoyant un fauteuil, un chien, quelques couleurs,

L’enfance entre-tuée aux mêmes idéaux,

Le sombre des cercueils au calme des tombeaux

Se refusait rageur à ces morts pour l’honneur.

 

De la vie, des objets, des arbres et des gens,

Les détails s’oubliaient en formes imprécises,

Les lignes restant floues, les courbes indécises,

Aux façades sourdait l’écho des mouvements.





Sébastien Broucke
Grelots d'outre-temps
Publié dans : L'Apoézie
Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 13:45

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Sébastien Broucke

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