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Aie des enfants, ma toute douce,

Si tu veux parler de ton père,

Puis récris tes discours amers,

Le jour où ceux-ci te repoussent !

 

Qu’est-il pour goûter tes colères,

Lui qui tant de nuits s’est levé,

Recoucher son échevelée,

Qu’une fièvre mettait à terre ?

 

Ne vois-tu pas que tu dévoiles,

Jeune femme qui déraisonne,

Aux yeux des autres qui s’étonnent,

Que ta nuit claire est sans étoile ?

 

Te lamenter, te mettre à nue,

Etaler les draps de ton lit,

Dragonne à te faire impolie,

Quelle Eve es-tu redevenue ?

 

La pieuvre crache une encre noire

Lorsque la crainte vient la prendre,

Mais pour le tuer faut-il pendre

Un père au bois du désespoir ?

 

Tout allait bien, fallait-il donc

Inventer ces mots qui salissent…

Quel rêve mort, quel sacrifice,

T’ont rendue brutale et quelconque ?

 

Consternée j’avoue que m’attriste

Un homme que sa chair diffame,

Giflé de sentences infâmes,

Et de reproches fantaisistes !

 

Je sombre simultanément

Dans la peine et l’ignoble effroi,

Car maintenant d’une autre croix,

Loin de tes caprices d’enfant,

 

Je voudrais que tout soit mirage

Et qu’en son douloureux désert,

Les larmes que garde ton père

Viennent t’inonder le visage !

 

Sébastien BROUCKE

22 février 2012.

Publié dans : L'Apoézie - Communauté : Poésie française
Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 18:45

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