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L'Apoézie

 

Fille aux papillons 2

 

J’ai repris le sentier où la pluie dévastait

Les arbres de chez nous que l’orage abattait ;

S’ils ont refait le pont qu’avait coupé en deux

Le fleuve soudain né du ru impétueux,

Seul j’ai refait la route où le vent s’employait

A jeter dans ses eaux nos corps las de ployer.

 

Ils ont tout reconstruit et même tout repeint,

Mais que peut la couleur où manque ton parfum ?

Les fleurs ont refleuri, charment d’autres abeilles,

Le printemps est ravi et comme elles s’éveille…

 

Qui s’arrête en chemin se prive de sa peine :

J’avance car il faut, mais survivre est obscène !

 

Nos enfants ne sont plus désormais ces petits

Que tu couchais le soir en riant, dans leurs lits ;

Chacun d’eux est parti, au loin, faire fortune,

Et sans eux cette vie me devient importune…

 

J’ai retrouvé de nous des photos que les vieux

Contemplent en pleurant quand le peuvent leurs yeux ;

Tu as ce grand sourire et cette taille étroite,

Qui m’ont marqué le cœur, mémoire maladroite !

 

Je n’en veux à personne, excepté à moi-même,

De ne pas t’avoir dit moins rarement je t’aime…

 

A mon tour je me noie aux larmes qui m’emportent,

L’air me manque et j’en tombe, et l’espoir que je porte.

A rester loin de toi, à n’aimer qu’à demi,

Je songe à rentrer tôt, quitte à rester maudit.

 

Je prie pour te revoir, ma maison c’est ta main,

Je serais dans ton ciel, un peu après demain…

Ils descendront sans doute en ma conscience claire,

Pour désemplir au moins le cercueil de ma chair,

Mais sur le matin frais, le parapet du pont,

Qui saura si je suis un ange ou le démon ?

 

Sébastien BROUCKE

22 & 23 mai 2012.

Publié dans : L'Apoézie - Communauté : Insoumis
Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 19:50

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secret beauty by srebrina

 

La scène parait bucolique,

L’arbre est chargé, le soleil haut,

Les cerises vont en gâteaux,

Aucun oiseau ne revendique…

 

C’est donc à nouveau le printemps,

La chaleur luit, blondit les mèches,

Vois, chaque fleur part à la pêche

De son papillonnant amant…

 

L’amour s’endort, bordé de songes,

Puis quand les blés s’y sont dorés,

Le ciel où les anges s’allongent,

Se drape d’un soir coloré…

 

Sébastien BROUCKE

18 & 19 mai 2012

Publié dans : L'Apoézie - Communauté : Poésie française
Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 18:15

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Paquerette.png

 

Quand les champs endormis rêvent qu’il les réveille,

Cette année le printemps apparait sans soleil ;

Partout de grises nues s’en reviennent rincer

Des fleurs que la chaleur refuse d’embrasser !

La nuit même, chacune, effrayée, sans étoile,

Tant les arbres aux vents hululent dans leurs voiles,

Avide de douceur, n’espérant plus sécher,

Languissamment s’étiole et la tête penchée,

Devinant le poète étonnamment qui rage,

Se surprend à pleurer tel un petit nuage !

Ainsi que l’eau clapote en tombant dans un puits,

L’entends-tu toi aussi ce mois de mai qui fuit ?

Goutte à goutte on devine où bruissent les herbettes,

Que l’heure est moins aux fleurs qu’aux bruyantes rainettes !

 

Sébastien BROUCKE

18 mai 2012.

Publié dans : L'Apoézie - Communauté : L'Alexandrin
Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 19:15

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Mere-a-l-enfant.jpg

 

A Cécile Sauvage

 

J’aurais aimé fixer ta bouche

Quand tu versifiais de candeur

L’enfant, le papillon, la mouche,

L'allégresse enfantant tes heures…

J’aurais dit à mon œil : « englobe

Sa silhouette avec sa joie ! »

Et mon cœur murmurant : « tais-toi ! »

J’aurais prié qu’au vent ta robe

Balance pour moi ta splendeur…

Mais je ne fus pas là, ma sœur,

Pour poser sur ton âme pure,

L’œil dont tu fixas la nature !

 

Sébastien BROUCKE

18 mai 2012

Publié dans : L'Apoézie - Communauté : Poésie française
Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 11:45

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Homme-grenouille.jpg

 

J’ai creusé trop de trous par ennui, par centaines,

Dedans lesquels je tombe... En ces puits, mes fontaines,

Des grenouilles festoient et rotent jusqu’aux cieux ;

Pas une ne me craint, tout s’est accoutumé

 

A ces coassements que je ne n’ose jamais !

Je m’écroule à rebours, observant silencieux,

Mon être qui s’effondre aux mares qui frissonnent ;

Peu leur chaut qu’auprès d’elles je vienne en chutant,

 

Pour valser à leur fête, est-il besoin qu’on sonne,

Il n’y a pas de porte où l’on rentre en tout temps !

Titubante statue aux glauques statuettes,

 

Jamais je ne me brise, aux lois je me soustrais,

Et mon âme se noie dedans ses os, muette,

Tandis qu’un batracien tire sa langue, outré.

 

Sébastien BROUCKE

16, 17 & 18 mai 2012.

Publié dans : L'Apoézie - Communauté : Poetes Maudits
Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 10:45

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Visage

 

C’est la nuit, la noire, où vont les fantômes,

Où l’on donnerait pour une couleur,

Plusieurs jours de joie, tellement la peur,

Déteinte nos joues d’un blanc monochrome…

 

On avance, on tremble, et là la sueur,

Perlant sur nos fronts, inondant nos paumes,

Transformant le cœur en petit atome,

Fait d’un continent une île sans sœurs…

 

Va mon âme, va, tombe en la prière,

Il n’est de forêts qui n’aient de clairières !

Ton soleil viendra comme il vint hier,

 

Ne doit-il briller pour que ton œil ait,

Comme l’oisillon dans son nid douillet,

L’envie de planer dedans ses lumières…

 

Sébastien BROUCKE

6 & 8 mai 2012.

Publié dans : L'Apoézie - Communauté : Poésie française
Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 22:00

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Le-fossoyeur.jpg

 

Nous allons à dos d’âne, ad vitam aeternam,

Eloigner des chardons nos mâchoires brisées,

Mais inlassablement nous revenons poser

Nos lèvres abimées aux fleurs qui les réclament !

 

Sans cesse mélangeant des sueurs qu’on éponge,

Nous couronnons nos fronts des épines du jour,

Et louangeant le vain, nous flattant à rebours,

Nous montons un baudet qui broute ou qui s’allonge.

 

Les remplissant d’une eau descendant l’Aberrance,

Nos regards noueux noirs, comme des cœurs tordus,

Se retournent déjà vers ces jardins perdus,

Où nous abominions les saintes transhumances !

 

Regrettant la chaleur pénible des étables,

Nous pleurerons bientôt l’agneau de nos manteaux,

Nos corps trouvant trop lourds leurs vêtements de peau,

Nous remplirons les cieux d’un foudre inéluctable.

 

La flemme s’élevant vers ces nues invisibles,

Pour qu’aux champs bleus revienne, inexorablement,

Ce printemps qui mugit jusqu’en nos bâillements,

La justice poindra, soleil immarcescible !

 

Ainsi la beauté va souffreteuse en corset…

Viens que je te harnache, engeance sans mission,

Toi qui te veux sans charge, emporte en rémission,

Le souvenir jeté de ta gloire aux fossés !

 

Sébastien BROUCKE

4 & 5 mai 2012.

Publié dans : L'Apoézie - Communauté : Poetes Maudits
Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 16:15

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